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Famille: 

Corinnidae

Détails

La définition des Corinnidae a été modifiée par Ramírez (2014) qui en a exclu les genres Trachelas et Meriolus pour former la famille des Trachelidae, et élevé les Phrurolithinae (autrefois une sous-famille des Corinnidae) au rang de famille, pour former les Phrurolithidae. Ubick & Richman (2017a) rapportent la présence de 35 espèces de Corinnidae en Amérique du Nord, et nous en connaissons trois au Québec.

Les Castianeira possèdent un scutum abdominal qui est court chez les femelles et allongé chez les mâles; et un sternum muni de sclérites triangulaires pré-coxaux.

Les Castianeira sont des araignées plutôt élancées qui sont munies de pattes effilées. Le céphalothorax et l'abdomen sont fortement sclérifiés et luisants. On observe beaucoup de variabilité dans les motifs de coloration : le céphalothorax de C. cingulata est entièrement brun sombre, mais certains spécimens présentent sur la partie inférieure une coloration orange clair très contrastante. Les motifs abdominaux créés par les soies blanches en forme d'écailles, sont variables chez C. cingulata et C. longipalpa, mais la variabilité de ce motif est encore plus grande chez C. descripta.

Sur le terrain, il est fréquent de confondre les Castianeira avec de grosses fourmis, puisque ce sont des araignées myrmécomorphes, c'est-à-dire qui possèdent une apparence qui rappelle celle des fourmis. Cette ressemblance n'est pas que morphologique, car même les mouvements sont calqués sur la gestuelle qui caractérise les fourmis : des déplacements très rapides, entrecoupés de pauses et de changements brusques de direction (Reiskind 1969, Dondale & Redner 1982). À l'arrêt, les Castianeira étirent parfois leurs pattes antérieures au-dessus du céphalothorax, une posture qui évoque une fourmi et ses antennes. Ces araignées sont souvent observées en compagnie de fourmis, mais la nature exacte de leur association est encore nébuleuse. Les Castianeira tirent certainement un avantage de ce mimétisme et l'hypothèse la plus probable est une réduction des risques de prédation. Reiskind (1970) a démontré le cas extraordinaire de Castianeira rica, une espèce tropicale, qui imite jusqu'à cinq types de fourmis différents, suivant son sexe, son stade de développement et la variation de couleurs des femelles adultes.

Les Castianeira sont diurnes et se déplacent avec rapidité sur le sol et dans la litière des forêts décidues, mais aussi dans les milieux ouverts comme les champs et les sentiers, parmi les pierres ou les débris ligneux. Castianeira descripta est l'espèce la plus commune du Québec. Sa répartition couvre la majeure partie de l'Est du continent et elle se trouve au nord jusqu'à la forêt boréale selon Dondale & Redner (1982), mais n'a pas été trouvée en contexte forestier nordique à ce jour. La répartition géographique de C. longipalpa n'est pas aussi nordique, mais couvre l'ensemble du continent. Castianeira cingulata est une espèce de l'est et sa présence au Québec est connue du sud de la province. Elle peut parfois être abondante dans la litière des érablières du sud de la province.

Outre leur apparence de fourmis, on connaît peu les mœurs ou l'association de ces araignées avec des habitats particuliers. Ubick & Richman (2017a) rapportent qu'elles fabriquent des petits abris de soie, dans lesquelles elles déposent leurs sacs d'œufs de forme aplatie, ou les attachent sur divers objets au sol.

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