Les Pisauridae impressionnent à cause de leur taille qui surpasse celle des autres araignées du Québec. Les espèces du genre Dolomedes sont particulièrement grandes; les femelles Dolomedes tenebrosus peuvent atteindre jusqu'à 26 mm du céphalothorax à l'extrémité de l'abdomen, ce qui en fait la plus grande espèce de la province. Dolomedes scriptus peut également atteindre une impressionnante taille de 24 mm. Cette grande taille ne les rend pas plus dangereuses pour autant, mais elles peuvent infliger une morsure bien sentie si elles se sentent coincées par une manipulation maladroite par exemple. Les mâles Pisauridae sont plus petits, ce qui rend parfois leur association avec les femelles difficile.
Les Dolomedes sont particulièrement bien adaptés à la vie sur les rivages et sont parfois abondants près des quais. Ils peuvent se déplacer sur l'eau et même poursuivre des proies sous la surface (Dondale & Redner 1990). On a observé des individus submergés pendant plus de 30 minutes (Gertsch 1949). La submersion est un moyen de défense très efficace pour échapper aux prédateurs, mais des guêpes prédatrices du genre Pepsis ont également été observées poursuivant ces araignées sous l'eau (Dondale & Redner 1990).
Les soins prodigués par les femelles Pisauridae sont également remarquables : à partir de la ponte des œufs jusqu'à la dispersion des araignons, elles sont complètement dévouées à leur progéniture. La femelle transporte son sac d'œufs dans tous ses déplacements, ce qui n'est pas une mince tâche puisque le sac est parfois tellement gros qu'elle doit marcher sur le bout des tarses pour arriver à le pisauridaesoulever. Les Pisauridae transportent leurs sacs d'œufs entre leurs chélicères, tandis que les Lycosidae les agrippent à l'aide de leurs filières. Juste avant l'éclosion, la femelle tisse dans la végétation un réseau entremêlant soie et feuillage, pour créer un endroit propice dans le but d'y déposer son sac. Les Pisauridae tirent de ce comportement le nom vernaculaire anglais de nurseryweb weavers. Une fois cette toile-pouponnière construite et les petites araignées à l'intérieur, la femelle la défendra contre les intrus pendant plusieurs jours (Comstock 1940).
Typiquement, les Dolomedes demeurent immobiles, bien accrochés à un substrat, la tête vers le bas et les pattes antérieures à la surface de l'eau, créant une légère vibration comme le ferait un insecte s'agitant sur l'eau. Ce stratagème a pour but d'attirer des petits poissons qui viennent ainsi à portée des chélicères (Gertsch 1949). Les Dolomedes tirent leur nom vernaculaire de fishing spider de ce comportement. Bien qu'il subsiste un doute quant à la fréquence de captures de petits poissons, de nombreuses mentions dans la littérature en font état. Cependant, on rapporte que les Dolomedes se nourrissent surtout d'insectes aquatiques et de têtards. Dolomedes tenebrosus est connu pour se déplacer sur de grandes distances et il est fréquent de trouver des individus loin des plans d'eau, parfois même dans les habitations.
Bien que les Dolomedes soient associés aux plans d'eau, les différentes espèces semblent privilégier certains habitats et il est même possible de discerner une intéressante complémentarité écologique (voir Hutchinson et al. 1993). Dolomedes tenebrosus est l'espèce la plus commune et semble une espèce généraliste. On la trouve sur les rivages des marécages, des étangs et des lacs. Dolomedes scriptus est associé aux rivières à courant modéré ou rapide. Dolomedes triton est associé à l'eau stagnante et aux cours d'eau à débit lent. Enfin Dolomedes striatus est une espèce spécialiste des tourbières (Arbour & Paquin 2022).
Contrairement aux Dolomedes, les Pisaurina ne sont pas restreintes aux habitats riverains. Pisaurina mira fréquente les milieux ouverts et le bord des routes, où on peut apercevoir ses toiles-pouponnières dans la végétation. Les mâles en quête de femelles sont parfois récoltés en grand nombre dans les pièges-fosses placés à la lisière des forêts. Kaston (1948) rapporte la tendance qu'aurait P. mira à construire sa toile dans l'herbe à puce (Rhus radicans L.). Pisaurina mira est commune au sud de la province, mais la présence d'une seconde espèce, P. brevipes, est également possible.
L'examen des pièces génitales est nécessaire pour une identification fiable. Les motifs abdominaux et la coloration des adultes sont variables, mais peuvent parfois être utiles pour distinguer les espèces.
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