Les Atypidae font partie du sous-ordre des mygalomorphes. Il y a beaucoup de confusion à propos du nom francisé de ces araignées. De nos jours, « mygale » réfère au sous-ordre entier et non pas à la seule famille des Theraphosidae, qui elle est désignée en Anglais par tarentula. L'utilisation de mygales pour désigner les Theraphosidae est donc erronée.
Aucun mygalomorphe n'a encore été récolté au Québec, mais Sphodros niger est connu de Kingston, Belleville et Ancaster (Ontario), à une centaine de kilomètres au sud-ouest de la province. Cette proximité laisse croire que l'espèce pourrait se trouver dans le sud du Québec, mais des efforts récents pour la trouver sont demeurés vains.
Les mygalomorphes femelles peuvent vivre très longtemps. Gertsch & Platnick (1980) mentionnent que des femelles Atypidae atteignent l'âge vénérable de sept ans. Les mâles ont une existence beaucoup plus brève, qui dépasse rarement deux ans.
Les Atypidae se distinguent par plusieurs aspects de leur biologie. Les femelles construisent des tubes de soie dont la longueur varie en fonction de l'âge de l'araignée et qui peuvent atteindre jusqu'à 30 cm. Ces longs tubes comportent une partie aérienne visible, que les femelles accolent à la base des arbres, et une partie souterraine où l'araignée se cache la plupart du temps. Ces tubes de soie ont donné à la famille le nom vernaculaire anglais de purse-web spider, à cause de la ressemblance avec les sacs à main allongés qui étaient jadis à la mode.
On a d'abord cru que les femelles Atypidae sortaient du tube la nuit pour chasser, mais elles attendent patiemment qu'un insecte se pose sur la structure de soie et l'attrapent au moyen de leurs longs crochets, en perforant le tube. La proie est tirée à l'intérieur par la déchirure, sans que l'araignée ne sorte de son tube. Une fois le repas terminé, les restes et les déjections liquides sont évacués par l'ouverture principale. La texture est particulière puisque la soie est entremêlée de grains de sable. On suppose que cette particularité a pour but de mieux camoufler le tube ou de le rendre plus difficile à percer pour les guêpes parasites.
Sphodros niger constitue une exception chez les Atypidae puisque les femelles ne positionnent pas leur tube contre un arbre. Celui-ci est plutôt construit dans la litière, parmi les feuilles mortes (Beatty 1986). Il n'est donc pas surprenant que les femelles soient si difficiles à trouver puisque chez les autres Atypidae, les araignées sont repérables grâce à la partie aérienne du tube. Les mâles se déplacent souvent le jour à la recherche de femelles et sont capturés à l'aide de pièges-fosses. Des tubes de S. niger disposés en longueur sous des pierres ont été observés aux États-Unis (F. A. Coyle, communication personnelle). L'examen attentif de ce microhabitat permettra peut-être de déceler la présence de cette araignée dans la province.
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