Le genre Cryphoeca, autrefois inclus dans les Dictynidae, a été transféré dans les Cybaeidae par Wheeler et al. (2017). Nous comptons maintenant deux Cybaeidae au Québec : Cryphoeca montana et Cybaeota calcarata.
Les Cybaeidae ont longtemps été considérés comme une sous-famille des Agelenidae. Ils ont été transférés dans les Dictynidae par Lehtinen (1967), et Forster (1970) leur a conféré le statut de famille. Ce rang est toutefois controversé et Brignoli (1983) mentionne qu'un caractère diagnostique sans ambiguïté serait souhaitable pour distinguer cette famille.
Hutchinson & Paquin (2000a) rapportent que C. calcarata est connue de trois localités dans la province : Lac Duparquet (Abitibi), le mont Albert (Gaspé-Ouest) et Saint- Hippolyte (Laurentides). La répartition de l'espèce au Québec est vaste, mais cette araignée n'est jamais abondante puisque seulement trois spécimens ont été récoltés à ce jour. À plus grande échelle, l'aire de répartition de C. calcarata couvre le nord-est du continent : de Terre-Neuve jusqu'à l'État de New York au sud, et à l'ouest jusqu'en Ontario.
Bennett (1988) mentionne que les espèces de Cybaeota vivent dans les forêts. Cybaeota calcarata se trouve dans la litière, la mousse, les débris ligneux qui jonchent le sol, et sur les troncs d'arbres. Le spécimen récolté à Saint-Hippolyte corrobore les affinités de l'espèce pour les sols forestiers, mais les deux autres mentions suggèrent une plus grande flexibilité quant au choix d'habitat. Le spécimen récolté en Gaspésie provient d'un piège-fosse placé dans une gravière, un habitat très différent de la litière des forêts.
La troisième mention provient d'une forêt mixte, mais l'intérêt de cette capture réside dans la période de l'année où elle s'est produite, soit entre le 8 et le 22 décembre, alors qu'un épais manteau de neige recouvrait le sol. Ce mâle a été capturé à l'aide d'un piège-fosse modifié pour récolter la faune de l'espace subnivéen (Paquin 2004). Cet habitat, haut de quelques millimètres, se situe entre le sol gelé et la couche de neige. Il est formé par le gaz carbonique dégagé par l'activité bactérienne du sol, qui provoque l'érosion de la couche de neige en contact avec le sol forestier. Les couches de neige supérieures agissent comme un isolant, ce qui maintient la température de l'espace subnivéen entre -4° et -5 °C, alors que la température extérieure est beaucoup plus froide. Il en résulte un microhabitat d'une grande stabilité dans lequel se trouve une faune d'une surprenante diversité. La capture de C. calcarata dans cet habitat ne signifie pas qu'il s'agit d'une espèce spécialiste, mais elle démontre sa plasticité écologique. Des récoltes futures de C. calcarata contribueront à mieux cerner ses affinités et à préciser les limites de sa répartition géographique.
Nous connaissons peu l'écologie de C. montana qui possède une vaste répartition géographique du sud du Québec jusqu'à la forêt boréale. Cette espèce est plutôt associée aux sols forestiers.
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