Les Titanoecidae constituent une petite famille en Amérique du Nord avec seulement quatre espèces (Cutler 2017), dont Titanoeca americana qui est présente au Québec. Il s'agit d'une araignée qui attire l'attention à cause de sa coloration : un abdomen brun et un céphalothorax orangé.
Le statut des Titanoecidae a longtemps été l'objet de controverses. Lehtinen (1967) a proposé de les retirer des Amaurobiidae pour en faire une famille à part entière, mais Leech (1972) les considère plutôt comme une sous-famille des Amaurobiidae. Avec son étude magistrale de 2014, Ramírez confirme le statut familial des Titanoecidae, une position qui fait consensus depuis.
Les Titanoecidae possèdent un peigne, nommé calamistrum, qui couvre 70 % du métatarse IV. Ces araignées se servent de cette structure pour peigner la soie produite, ce qui donne un aspect enchevêtré aux toiles fabriquées.
On connaît peu la biologie de cette famille, mais elle démontre des affinités pour les habitats xériques. Emerton (1888) précise qu'on les trouve sous les pierres dans les habitats chauds et secs, ce que corrobore Kaston (1948). D'après Leech (1972), on les trouve au sol, sous les débris ligneux, les écorces mortes et sous les pierres. Lowrie (1942) rapporte que de nombreux exemplaires ont été récoltés dans des souches sur des dunes de sable. Hubert (1979) mentionne que les espèces européennes de Titanoeca se trouvent sous les galets des bords de rivières. Roberts (1995) ajoute la litière aux habitats qu'affectionnent ces araignées. Pour les espèces de l'Amérique du Nord, Cutler (2017) suggère de remarquer si l'habitat est sec ou humide, ce qui pourrait permettre de faire la différence entre un Titanoecidae ou un Amaurobiidae, qui se ressemblent superficiellement.
Ces affinités sont aussi supportées par les quelques spécimens connus du Québec. Les seules mentions connues proviennent de localités situées près les unes des autres dans la région de Gatineau, au sud-ouest de la province. Un spécimen a été récolté dans un alvar près de Quyon, un deuxième en provenance de Luskville, et quelques spécimens récoltés à La Pêche, autour d'une habitation située dans une sablière. Les alvars du sud du Québec sont des milieux intéressants dont l'étude pourrait révéler la présence de plusieurs espèces encore non répertoriées dans la province. Toutefois, la proximité des localités connues laissent supposer des conditions locales favorables à cette araignée, qui semble géographiquement restreinte à cette région.
La répartition géographique de T. americana est plutôt vaste : la côte est de l'Amérique du Nord, du Texas au sud et jusqu'à l'extrême sud du Québec au nord. La région de Gatineau, à laquelle T. americana semble restreinte, représente probablement la limite nord de la répartition géographique de plusieurs autres espèces d'araignées associées aux conditions chaudes et plus sèches.
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